Dans la Presse (Le Parisien du 28/03/2011)
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Le PARISIEN Lundi 28 mars 2011
VILLABE - ORMOY - CORBEIL
Les Roms ont nettoyé leur camp
| VILLABE, SAMEDI. Des bénévoles ont aidé les familles de Roms à nettoyer leur camp. Plus de 2 000 sacs-poubelle ont été remplis et tout un tas de vieux objets ont été rassemblés le long de la route. Ces déchets seront ramassés aujourd'hui par la communauté d'agglomération Evry Centre Essonne. |
Le tas d'immondices s'étend le long de la route sur une trentaine de mètres. Un bric-à-brac de deux mètres de haut, composé de sacs poubelle, de pneus usagés, de débris d'ordinateurs, de bidons, de morceaux de mousse... Samedi après-midi, c'était ménage de printemps dans le camp rom érigé au milieu des bois, à cheval sur Villabé et Ormoy, et à la limite de Corbeil. Les 80 familles installées ici depuis trois ans,-aidées d'une cinquantaine de bénévoles, ont passé la journée à nettoyer les lieux.
Dès samedi soir, la police municipale de Corbeil-Essonnes, qui a expulsé les Roms d'une parcelle en octobre dernier, les repoussant vers Villabé et Ormoy, est venue sécuriser le tas d'ordures qui, de fait, se trouve sur le territoire de Corbeil ! Dimanche, elle est revenue pour demander aux Roms de déplacer le tas de quelques mètres. En vain.
Depuis six mois, les bennes à ordures ont été supprimées du camp : Roms et associations de soutien demandent donc un ramassage régulier.
« Quand on essaie de mettre les sacs de déchets le long de la route, les gendarmes nous l'interdisent, assure Robert, l'un des patriarches. On ne peut pas non plus les brûler. » « Ni les mettre dans les tranchées » complète David, 17 ans, dont dix en France et plusieurs années passées dans des camps essonniens. « Mais celui-là, c'est le pire », poursuit l'ado. Derrière lui, bénévoles et Roms s'affairent sur un tas de détritus malodorant, remplissent des sacs qu'ils transfèrent ensuite sur la route. Les enfants, enthousiastes, sont de la partie. A pied d'oeuvre depuis 10 heures, Samuel, 6 ans, est « content » de nettoyer le camp... à cause des rats. «J'en ai vu des comme ça, mime-t-il en écartant ses mains d'une trentaine de centimètres. C'est dégueu. » « il y a quelques mois, une fillette de 2 ans a fait une septicémie après une morsure », regrette Serge Guichard, président de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms. Clin d'oeil aux élus, les bénévoles ont récupéré des sacs estampillés conseil général et collé une affichette « Essonne verte Essonne propre », une campagne départementale qui a lieu en ce moment.
Le conseil général, propriétaire du terrain, s'est engagé à dératiser. Les Roms demandent également un accès à l'eau potable et des toilettes. Il n'est pas 17 heures et les sacs — pies de 2 000 ont déjà clé remplis ! — viennent à manquer. « Qu'ils nettoient, c'est bien, mais ça va recommencer comme avant », soupire Jacques Gombault, maire'(DVD) d'Ormoy, qui a lancé en 2009 une procédure devant les tribunaux visant à expulser les squatteurs. La prochaine audience est fixée en septembre. Samedi, la communauté d'agglomération Evry Centre Essonne, dont dépend Villabé, a accepté de ramasser les sacs aujourd'hui. « II est hors de question de pérenniser ce ramassage », prévient Manuel Valls, son président. Ce dernier souhaite réunir les élus concernés et l'Etat pour régler le problème. L'association prévoit de renouveler l'opération dans les camps de Sainte-Geneviève-des-Bois, Massy et Ris-Orangis.
LOUISE COICOMBE